Le verdict est tombé vendredi soir à Perpignan. Après près de deux mois de vote citoyen, les habitants ont choisi : le département conserve son nom de Pyrénées-Orientales. Mais derrière cette victoire, un autre message résonne clairement : la catalanité reste plus que jamais au cœur du débat.
Le scrutin, organisé du 22 juin au 15 août 2026, proposait trois possibilités : Pyrénées-Orientales, Pyrénées Catalanes et Pyrénées Méditerranée. Au terme du dépouillement organisé vendredi 28 août à l’Hôtel du Département, le nom historique arrive en tête avec 47,21 % des suffrages, devant Pyrénées Catalanes qui recueille 42,15 %. Pyrénées Méditerranée reste loin derrière avec 10,64 %.
Au total, 38 178 électeurs se sont exprimés, soit une participation de 10,40 % des inscrits.
Une victoire, mais un résultat serré
Les Pyrénées-Orientales gardent donc leur nom. Mais l’écart avec Pyrénées Catalanes est suffisamment réduit pour donner une autre lecture au scrutin. Le changement n’a pas gagné, mais l’identité catalane s’est imposée comme une force incontournable dans le débat.
Pour Hermeline Malherbe, présidente du Département, le résultat vient conclure un engagement pris lors des élections départementales de 2021 : celui de ne pas décider seuls d’une éventuelle modification du nom du département.
La consultation s’inscrit dans le prolongement de la démarche « Imagine les P-O », puis des échanges menés avec les universitaires, les acteurs économiques, les associations de culture et de langue catalane et, plus largement, la population à travers le dialogue citoyen « Parlons Avenir ».
Cette fois, ce sont les électeurs qui tranchent. Et leur décision est claire : le nom Pyrénées-Orientales reste sur la carte.
La démocratie a parlé, le Pays Catalan continue
Pour autant, le maintien du nom actuel ne signifie pas la mise entre parenthèses de l’identité catalane. Bien au contraire.
Le Département entend poursuivre son soutien à la culture et à la langue catalanes, à travers notamment l’OPLC, ainsi que la valorisation du patrimoine et le développement des relations transfrontalières. Le travail engagé autour de la marque « Pays Catalan » doit également se poursuivre.
En clair : Pyrénées-Orientales reste le nom administratif, mais le Pays Catalan continue d’affirmer sa personnalité.
Nicolas Garcia, premier vice-président du Département, rappelle également que la consultation répond à un engagement politique : les habitants ont eu le choix et leur décision sera respectée.
Le débat sur le nom s’achève donc officiellement, mais il laisse derrière lui un chiffre qui ne passe pas inaperçu : plus de quatre électeurs sur dix ont choisi Pyrénées Catalanes.
Les Pyrénées-Orientales ne changent pas de nom. Mais le scrutin confirme une chose : ici, la catalanité n’est pas un simple slogan. Elle reste une identité profondément ancrée.
Le nom demeure. L’identité, elle, continue de s’affirmer.










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