C’est une vérité qui frappe fort : 74 % des Français estiment toujours difficile de se soigner près de chez eux. C’est le constat implacable de la dernière enquête « Mon Avis Citoyen » menée auprès de plus de 18 650 participants. Bien loin des discours officiels, cette consultation massive révèle une France médicale à deux vitesses où le fossé entre les territoires et les générations ne cesse de se creuser.

Dans les Pyrénées-Orientales, comme ailleurs en milieu rural, cette réalité résonne avec une amertume particulière. La crise silencieuse de l’accès aux soins de proximité est une bombe sociale. Le président de Mon Avis Citoyen, Yves Kergall, l’affirme : Quand un médecin ou une infirmière part sans remplacement dans une petite commune, ce sont des milliers d’habitants qui se sentent abandonnés.

La fracture territoriale s’aggrave, le sentiment d’abandon en zone rurale

Malgré une timide amélioration à l’échelle nationale (26% de satisfaits contre 20% en 2022), la difficulté est loin d’être résolue. La fracture territoriale est le cœur du problème, créant une carte de France inégale :

  • Les petites communes décrochent : Chaque départ de praticien y est vécu comme une perte irréversible, le sentiment de désert médical y est le plus fort.
  • Les villes moyennes respirent : Les villes de 10 000 à 100 000 habitants s’en sortent mieux, devenant même plus attractives que les grandes métropoles.

L’enquête montre clairement que l’égalité devant la santé reste une promesse non tenue. Pour les habitants des P-O, souvent éloignés des centres urbains, cette inégalité est une double peine.

Seniors exclus : le fossé de la digitalisation

L’autre punchline de cette étude concerne l’âge. Si les 18-29 ans voient leur satisfaction bondir (39%) grâce, notamment, aux outils numériques (téléconsultation, prise de rendez-vous en ligne), c’est une autre histoire pour leurs aînés :

  • Seuls 20% des 60-69 ans et 26% des plus de 70 ans déclarent un accès facile.

La fracture numérique vient ici accentuer la fracture sanitaire, laissant de côté la population la plus vulnérable, celle qui a pourtant le plus besoin de soins.

Le manque criant de médecins et de spécialistes

Au-delà des chiffres, les témoignages recueillis traduisent une exaspération massive. Les citoyens demandent des solutions concrètes :

  • 65% dénoncent le manque de médecins généralistes.
  • 40% pointent la difficulté d’accéder aux spécialistes, en particulier les dermatologues et les dentistes.

Face à ce malaise, les besoins exprimés sont clairs et massifs : plus d’hôpitaux (49%), plus de maisons de santé (38%), et davantage de kinésithérapeutes, dentistes, et dermatologues. Plus aucun médecin ne prend de nouveaux patients : ce verbatim, malheureusement trop courant, est le reflet d’une urgence nationale qui mérite une action locale immédiate.

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