La chanson catalane perd l’une de ses voix les plus singulières. Toni Montané s’éteint, laissant derrière lui une œuvre discrète mais profondément ancrée dans l’âme de la Catalogne Nord. Artiste aux multiples facettes, musicien, écrivain, enseignant et homme de radio, il incarnait une certaine idée de la liberté, loin des modes et des étiquettes.
Né au Boulou, au sein d’une famille originaire d’Ascó, dans les comarques de Tarragone, Toni Montané construit au fil des décennies un parcours atypique. Très attaché à Céret, où il entretient de solides liens artistiques et humains, il devient l’une des figures culturelles respectées du territoire.
Sa disparition suscite une vive émotion dans le monde de la culture catalane. Les hommages se multiplient depuis l’annonce de son décès. Tous saluent un créateur inspiré, capable de transformer la simplicité en élégance musicale. Avec peu de moyens mais une imagination débordante, Toni Montané compose des chansons qui résonnent comme de petites cathédrales sonores. Sa voix douce, reconnaissable entre toutes, porte des mélodies sobres mais majestueuses, loin des artifices et des excès orchestraux.
Mais l’artiste ne se résume pas à la musique. Écrivain passionné, il défend tout au long de sa vie la littérature du sud de la France, notamment celle qui marque la première moitié du XXe siècle. Une plume exigeante, nourrie de mémoire et de territoire, qui complète parfaitement son univers artistique.
Les Pyrénées-Orientales se souviennent également de l’homme de communication. Professeur de métier, Toni Montané occupe aussi le poste de directeur d’antenne de Radio Castillet, la radio municipale de Perpignan. Une fonction qu’il exerce avec la même passion pour la culture et la transmission.
Ceux qui l’ont côtoyé évoquent aujourd’hui un esprit libre, indépendant et profondément humain. Un homme difficile à classer, réfractaire aux cases et aux conformismes. Curieux de tout, attaché aux expériences humaines autant qu’aux aventures artistiques, il laisse l’image d’un intellectuel engagé, fidèle à ses convictions et à sa vision du monde.
Il y a encore quelques mois, en février dernier, des passionnés d’archives musicales échangeaient avec lui au sujet d’un concert donné au Théâtre municipal de Perpignan en 1984. Un témoignage précieux qui prend aujourd’hui une résonance particulière.
Avec la disparition de Toni Montané, c’est une page de la culture catalane contemporaine qui se tourne. Une voix s’éteint, mais ses chansons, ses écrits et son parcours continuent de raconter une histoire : celle d’un homme libre qui aura consacré sa vie à faire vivre la culture de son pays.









Laisser un commentaire