Quand le feu gagne du terrain, chaque minute compte. Depuis le déclenchement du violent incendie de Trévillach, le Département des Pyrénées-Orientales déploie un dispositif exceptionnel pour épauler les secours, accompagner les habitants sinistrés et préparer l’après-crise. Une mobilisation qui ne se limite pas à l’urgence, mais qui s’inscrit déjà dans la reconstruction.
Un plan d’urgence en préparation
Alors que les flammes bouleversent la vie de nombreuses familles, les élus départementaux se réuniront en séance publique extraordinaire le 22 juillet à 10 heures afin de voter un plan d’aides d’urgence destiné aux communes et aux habitants touchés.
Pour la présidente du Département, Hermeline Malherbe, la priorité reste claire : soutenir les victimes, remercier les milliers de personnes mobilisées sur le terrain et préparer les semaines à venir face à une catastrophe d’une ampleur exceptionnelle.
Les sinistrés accompagnés dès les premières heures
Dès les premières évacuations, les équipes des Maisons Sociales de Proximité rejoignent les centres d’accueil afin d’écouter, orienter et accompagner les habitants. À partir de lundi, un dispositif renforcé est mis en place à Thuir, Prades et Ille-sur-Têt avec des permanences sans rendez-vous assurées par des travailleurs sociaux.
Un accueil téléphonique est également ouvert pour répondre aux nombreuses interrogations des familles. Les conseillers numériques viennent, eux aussi, prêter main-forte afin d’aider les sinistrés dans leurs démarches administratives, qu’il s’agisse des assurances, des déclarations ou des demandes d’aides.
Les plus fragiles placés sous protection
Le Département active également ses services de protection de l’enfance. Les enfants accueillis chez des assistants familiaux ou dans des établissements situés dans les secteurs menacés sont rapidement mis en sécurité. Les équipes de l’Aide Sociale à l’Enfance doublent leurs effectifs d’astreinte afin d’assurer un suivi permanent de chaque situation.
Parallèlement, les services départementaux suivent, aux côtés de l’Agence Régionale de Santé, l’évacuation puis le retour progressif des maisons de retraite d’Ille-sur-Têt et de Vinça.
Des routes sécurisées jour et nuit
Sur le terrain, plus de vingt agents des routes sont mobilisés 24 heures sur 24. Leur mission consiste à fermer les axes menacés, installer les déviations, sécuriser les zones sinistrées et faciliter le passage des véhicules de secours.
À mesure que le danger recule, ils participent également au rétablissement progressif de la circulation sur les routes départementales.
Le collège de Millas transformé en base arrière des pompiers
À Millas, le collège Christian Bourquin change totalement de visage. L’établissement devient une véritable base logistique destinée aux sapeurs-pompiers. Les soldats du feu peuvent s’y restaurer, recevoir des soins, récupérer entre deux interventions et préparer les relèves dans les meilleures conditions.
Depuis le 6 juillet, quinze agents départementaux assurent le fonctionnement de cette structure jour et nuit. De son côté, l’UDSIS 66 prépare les repas destinés aux centaines de pompiers engagés contre les flammes.
L’élan de solidarité s’organise
Parce que la bataille contre les incendies ne s’arrête pas lorsque les flammes s’éteignent, le Département lance également l’opération « Solidarité Incendies 66 ». Cette plateforme centralise les dispositifs de dons destinés aux familles sinistrées.
Les particuliers peuvent contribuer au Fonds d’urgence Incendies 66 porté par le Secours populaire français des Pyrénées-Orientales, tandis que les collectivités sont invitées à participer au fonds de solidarité créé par l’Association des maires des Pyrénées-Orientales.
Une chose est désormais certaine : si le feu laisse derrière lui des paysages meurtris, il révèle aussi une chaîne de solidarité où collectivités, secours, associations et habitants avancent dans la même direction. Face à l’épreuve, tout un territoire fait bloc.










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