C’est une découverte qui secoue le monde de la Paléoneurologie et elle porte l’empreinte des Pyrénées-Orientales ! L’Université Perpignan Via Domitia (UPVD) se trouve au cœur d’une avancée scientifique majeure, publiée ce mercredi dans le prestigieux Journal of Anatomy. Une équipe internationale, menée notamment par Antoine Balzeau, chercheur au CNRS rattaché au laboratoire Histoire naturelle des humanités préhistoriques (CNRS/MNHN/UPVD), vient de décrypter le lien jusqu’alors mystérieux entre le cerveau et l’endocrâne.
Depuis plus de 150 ans, les scientifiques explorent l’intérieur des crânes fossiles pour tenter de reconstituer le cerveau de nos ancêtres. Un véritable casse-tête puisque cet organe mou ne se conserve pas. L’étude se concentre donc sur les empreintes laissées sur la surface interne du crâne, l’endocrâne, des marques souvent sujettes à interprétation.
La « Pierre de Rosette » est trouvée
L’équipe de l’UPVD et du CNRS met fin aux incertitudes. Elle utilise une approche innovante en combinant l’imagerie par résonance magnétique (IRM) du cerveau et du crâne sur 75 volontaires. Cette méthode inédite permet de cartographier avec une précision chirurgicale les correspondances exactes entre les sillons du cerveau et leurs empreintes sur l’endocrâne chez les mêmes individus.
Le résultat est sans appel : cette étude constitue une véritable « pierre de Rosette » pour la discipline. Elle bouleverse la manière d’interpréter les fossiles et offre un nouvel outil pour sonder l’histoire de notre cerveau. Et les surprises ne manquent pas : les marques visibles ne correspondent pas toujours directement aux sillons cérébraux. Pire, environ 12% d’entre elles (nommées MNAS) ne sont même pas liées au cerveau, mais à d’autres structures du crâne, risquant de biaiser les analyses.
Une nouvelle ère pour l’étude de l’humain
Grâce à cette clarification fondamentale, l’équipe propose désormais une nouvelle méthode d’analyse standardisée pour l’étude des fossiles. L’objectif ? Éviter les surinterprétations et identifier plus sûrement les régions cérébrales des espèces humaines disparues. Ces avancées ouvrent des perspectives colossales, notamment pour comprendre l’apparition de nos capacités cognitives complexes, du langage et de la latéralisation cérébrale. C’est à Perpignan et au-delà que se joue une partie de la compréhension de ce qui fait de nous des humains. La recherche catalane nous offre une clé essentielle pour l’évolution.









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