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À l’approche du 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, l’association Femmes solidaires 66 lance un cri d’alarme depuis Perpignan. Loin des « bons sentiments », l’urgence est à l’action concrète et aux moyens financiers dédiés pour stopper un fléau qui endeuille le pays et les Pyrénées-Orientales.

Les chiffres d’une réalité glaçante

Malgré des années de travail acharné par les associations et une parole des victimes plus visible, le bilan de l’année 2024 est terrible : 107 femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint, laissant derrière elles 94 orphelins. Mais la violence prend aussi une forme moins médiatisée : 906 femmes victimes se sont suicidées ou ont tenté de se suicider, des actes que la Miprof qualifie de « suicides forcés ».

Le constat est sans appel et sonne comme un terrible paradoxe : « Le lieu le plus dangereux pour une femme reste son domicile. » C’est là que se déroulent 90 % des féminicides. Pire encore, la majorité des auteurs de violences avaient déjà fait l’objet d’un signalement ou d’une plainte. C’est une punchline qui dérange : l’impunité et la récidive sont encore trop souvent la règle.

L’appel des P-O : des politiques publiques, pas des miettes

Le message central de Femmes solidaires est clair et percutant : « Les violences ne se combattent pas avec de bons sentiments, elles se combattent avec des politiques publiques. » Pour l’association, la lutte se joue au plus près du terrain, à l’échelle des communes. C’est là que le premier accueil des victimes est assuré par des structures locales.

Mais comment agir quand les collectivités sont « exsangues » ? Femmes solidaires dénonce l’austérité budgétaire de l’État et les baisses de dotations qui frappent de plein fouet les villes. Par un terrible effet en chaîne, ce sont les associations locales, comme celles œuvrant à Perpignan et dans les P-O, qui voient leurs subventions chuter. C’est le coup de poing final : l’effort militant et les préconisations des experts sont là, mais les moyens manquent cruellement pour les appliquer.

L’association exige donc les moyens nécessaires pour les villes, les institutions et les associations. La violence n’est pas une fatalité, mais elle ne reculera qu’avec des budgets à la hauteur de l’enjeu social.

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