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C’est un chiffre qui donne le vertige et qui résonne particulièrement dans des territoires comme les Pyrénées-Orientales, où la ruralité peine : 74 % des Français estiment qu’il est toujours difficile d’accéder aux soins de proximité. C’est le verdict cinglant d’une vaste enquête menée par la plateforme indépendante Mon Avis Citoyen. Trois ans après une première vague, le constat est sans appel : la crise du désert médical n’est pas résolue, elle se polarise.

La France, malade de ses inégalités territoriales

Malgré une légère amélioration (+6 points de satisfaction en trois ans), le sentiment de difficulté domine pour près de trois quarts de nos concitoyens. La situation est un véritable miroir grossissant des inégalités qui traversent le pays. C’est la fracture territoriale qui s’impose comme la principale « punchline » de cette étude :

  • Les villes de taille moyenne (10 000 à 100 000 habitants) tirent leur épingle du jeu, rattrapant voire dépassant les grandes métropoles en termes d’attractivité médicale.
  • À l’inverse, les petites communes et les zones rurales décrochent lourdement. Chaque départ de praticien y est vécu comme une tragédie irréversible, laissant des milliers d’habitants sur le carreau. Un problème bien connu des lecteurs du 66.

Les seniors, grands perdants de la « fracture numérique-sanitaire »

L’autre grande surprise de l’enquête concerne l’écart générationnel. Les 18-29 ans affichent un taux de satisfaction en forte hausse (39 %), notamment grâce à la téléconsultation et à la prise de rendez-vous en ligne. C’est l’effet « clic » sur la santé. Mais cette digitalisation laisse une partie de la population sur le bas-côté.

Pour les plus de 60 ans, le tableau est bien sombre : seuls 20 à 26 % d’entre eux trouvent facile de se soigner. La fracture numérique vient ici aggraver la fracture sanitaire, excluant les seniors des solutions modernes. « Quand un médecin part, ce sont des milliers d’habitants qui se sentent abandonnés », résume Yves Kergall, président de Mon Avis Citoyen.

Manque de médecins et d’équipements : le cri d’alarme

Les chiffres de l’exaspération sont précis :

  • 65 % des sondés dénoncent le manque de médecins généralistes.
  • 40 % pointent la difficulté d’accéder aux spécialistes (dermatologues et dentistes en tête).

Ce que les citoyens réclament massivement ? Des hôpitaux de proximité (49 %), des maisons de santé (38 %), mais aussi des équipements lourds comme les IRM et scanners. Et surtout, plus de soignants : kinésithérapeutes, dentistes, et spécialistes. Le message est clair : la santé de proximité n’est pas un luxe, mais un droit fondamental que l’État doit garantir, notamment dans nos belles communes des Pyrénées-Orientales.

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