La fièvre de la Dermatose Nodulaire Contagieuse (DNC) est peut-être tombée, mais l’urgence, elle, est bien là. Après deux réunions de crise, le Gouvernement de M. Sébastien Lecornu a décidé de passer à la vitesse supérieure : l’accélération de la vaccination généralisée des bovins dans tout le Sud-Ouest. Et dans les Pyrénées-Orientales, un département au cœur de l’enjeu sanitaire, cette annonce est capitale.
Un cordon sanitaire pour verrouiller la maladie
Pour protéger l’élevage français, qui représente le premier cheptel européen, l’État a mis en place un véritable cordon sanitaire englobant dix départements. Les P.-O. font partie des zones ciblées par des foyers, aux côtés de l’Ariège, de l’Aude, de la Haute-Garonne et des Hautes-Pyrénées. L’objectif est de vacciner 750 000 bovins au total.
C’est une mobilisation inédite. Outre les vétérinaires de l’État, des volontaires (retraités ou en activité), des vétérinaires militaires et même des élèves vétérinaires sont appelés en renfort. Localement, les Préfets des P.-O. sont désormais en première ligne pour organiser et suivre un plan départemental de vaccination accélérée. Au niveau national, c’est le Préfet Pascal Sanjuan qui coordonnera cette cellule de crise interministérielle.
Des vaccins sous haute protection et des contrôles musclés
Afin d’éviter tout goulot d’étranglement logistique, le Gouvernement mobilise les logisticiens des armées et de la sécurité civile pour l’acheminement des doses. 500 000 doses sont déjà en cours de livraison. Une commande supplémentaire de 400 000 doses doit arriver des Pays-Bas dès ce jeudi 18 décembre. La piqûre sera rapide.
Mais attention : conséquence directe de la vaccination, l’interdiction des déplacements de bovins est de rigueur dans les P.-O. Les contrevenants sont prévenus. Les contrôles de police et de gendarmerie seront considérablement renforcés. Transporter illégalement un bovin pourrait coûter jusqu’à 750 euros d’amende par animal et expose à des poursuites pénales. La responsabilité collective est l’ultime rempart.
L’État sort le chéquier pour sauver l’élevage local
Enfin, un volet de soutien économique vient rassurer la filière. Un fonds de plus de 10 millions d’euros est activé pour un soutien direct aux petits élevages des zones touchées. Des exonérations de charges fiscales et sociales sont également prévues.
Pour les éleveurs ayant subi l’abattage de leur troupeau (une mesure déchirante mais sanitaire), les indemnisations seront défiscalisées et désocialisées. Mieux, l’État s’engage à faciliter la reconstitution rapide des élevages en priorité pour les petits exploitants, notamment par l’accès à des génisses de haute valeur génétique. L’objectif est clair : assurer l’avenir de l’élevage dans le Sud-Ouest, et donc dans nos Pyrénées-Orientales.
La France porte aussi le fer à Bruxelles, en Espagne et en Italie, pour faire reconnaître son action et garantir la reprise des exportations de bovins vaccinés.









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