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C’est une décision radicale et temporaire, mais aux motivations bien réelles : le Préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre REGNAULT de la MOTHE, a sifflé la fin de la récréation pour le protoxyde d’azote, plus connu sous le nom de « gaz hilarant ». Un arrêté préfectoral est tombé ce lundi, interdisant purement et simplement la vente, le transport, la détention et la consommation du produit à des fins détournées sur l’ensemble du département.

L’interdiction prend effet dès aujourd’hui, le 22 décembre 2025, et s’étendra jusqu’au 22 mars 2026 inclus. Pour les consommateurs, c’est un coup d’arrêt majeur : le gaz hilarant ne fait définitivement plus rire les autorités.

Un cocktail de risques bien moins amusant

Si son surnom est léger, ses conséquences le sont beaucoup moins. L’usage détourné de cette substance psychoactive a connu une recrudescence inquiétante, notamment auprès des plus jeunes, devenant la troisième substance la plus consommée. Et la liste des dangers est longue :

  • Santé publique : Au-delà du risque d’asphyxie et de perte de connaissance, le protoxyde d’azote peut entraîner des lésions graves de la moelle épinière, des carences en vitamine B12, et des troubles physiques ou psychiques.
  • Sécurité routière : Le Préfet le souligne, la multiplication des accidents liés à sa consommation est un facteur clé de cette interdiction. Un « grave accident de la route hier » est d’ailleurs cité comme élément déclencheur.
  • Ordre public : Nuisances sonores, attroupements et rassemblements festifs illégaux (jusqu’aux rave-parties) sont régulièrement signalés, perturbant la tranquillité publique.
  • Environnement : Les cartouches usagées jonchent l’espace public, créant des déchets dangereux, sources de blessures et de risques d’explosion dans les incinérateurs.

« La survenue d’un grave accident de la route hier […] et le constat de l’ensemble des acteurs du territoire sur l’augmentation préoccupante de la consommation de cette substance me poussent à l’interdire sur la voie publique et dans l’ensemble du département », a martelé le Préfet Pierre REGNAULT de la MOTHE, appelant à la responsabilité de tous pour protéger les citoyens, à commencer par les plus vulnérables.

Ce qui est interdit et les sanctions

L’arrêté est clair : toute détention, transport, vente et consommation à des fins autres que professionnelles ou médicales est proscrite. Le dépôt sauvage de cartouches dans l’espace public est également concerné.

Les contrevenants s’exposent à des sanctions pénales. Rappelons que la loi du 1er juin 2021 prévoit déjà de lourdes amendes, notamment 3 750 € pour la vente aux mineurs, et 15 000 € pour l’incitation à un usage détourné. La vente dans les débits de boissons et de tabac, ainsi que celle de matériels facilitant l’extraction (crackers, ballons), sont également illégales.

En conclusion : Pour les trois prochains mois, il faudra trouver d’autres moyens de s’amuser. Les services de l’État sont mobilisés, mais l’appel à la vigilance des parents et des commerces est lancé. Le message est passé : le « proto » ne passe plus dans les P-O.

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