GPT est partout. Dans les discussions, les médias, les fantasmes. Pour beaucoup, il est devenu le symbole absolu de l’intelligence artificielle, au point qu’une question revient sans cesse : GPT est-il la base de toutes les IA ? La réponse est simple. Non. Et elle dit beaucoup sur notre rapport à la technologie.

GPT, une IA spectaculaire… mais spécialisée

GPT appartient à une famille bien précise : celle des modèles de langage. Son talent est clair : comprendre, produire et manipuler du texte avec une fluidité troublante. Il écrit, résume, traduit, argumente, dialogue. Il imite remarquablement la pensée humaine, sans jamais l’habiter.

GPT ne voit pas le monde. Il ne le vit pas. Il n’a ni intuition, ni intention, ni expérience. Il calcule des probabilités de mots, extrêmement bien, à partir de volumes colossaux de données. Cela suffit à créer une illusion puissante : celle d’une intelligence qui comprend.

L’intelligence artificielle, un archipel plus qu’un continent

Réduire l’IA à GPT, c’est confondre une île avec tout l’archipel. L’intelligence artificielle existe depuis des décennies et se décline sous de multiples formes : reconnaissance d’images, recommandations de contenus, pilotage de véhicules, détection de fraudes, prévisions médicales, systèmes experts industriels.

La plupart de ces IA n’utilisent pas GPT, n’écrivent pas, ne parlent pas, et n’en ont aucun besoin. Elles sont discrètes, silencieuses, mais redoutablement efficaces. GPT n’est pas la racine de toutes les IA ; il est simplement celle qui parle, donc celle que l’on remarque.

Pourquoi GPT donne l’impression d’être partout

Parce qu’il agit comme une interface universelle. GPT ne remplace pas les autres IA : il les relie, les orchestre, les rend accessibles. Il devient une sorte de cerveau conversationnel, capable de dialoguer avec des outils spécialisés — vision, audio, données, automatisation.

En clair, GPT n’est pas le moteur unique de l’IA moderne. Il est le tableau de bord.

L’illusion de l’IA générale

À force de le voir répondre à tout, une autre idée s’installe : et si l’IA pensait vraiment ? C’est là qu’intervient le concept d’IA générale, ou AGI. Une intelligence capable de comprendre n’importe quel domaine, de raisonner comme un humain, de s’adapter, d’apprendre seule, de transférer ses connaissances d’un contexte à l’autre.

Nous n’y sommes pas.

Les IA actuelles, aussi impressionnantes soient-elles, restent spécialisées. Elles n’ont ni conscience, ni objectifs propres, ni compréhension profonde du réel. Elles ne savent pas ce qu’elles font. Elles savent seulement comment répondre.

Ce qui manque encore à une vraie intelligence

Pour qu’une IA devienne véritablement générale, plusieurs verrous restent intacts : une compréhension du monde physique, une mémoire autobiographique, une capacité d’apprentissage autonome sur le long terme, une causalité réelle. Et peut-être, un jour, quelque chose qui ressemble à une conscience. Là, la science rencontre la philosophie.

Les experts se divisent : certains parlent de décennies, d’autres de jamais. Mais tous s’accordent sur un point : nous sommes encore loin de la science-fiction.

Une révolution bien réelle, mais différente

L’erreur serait de croire que l’absence d’IA générale minimise l’impact actuel. C’est l’inverse. L’IA transforme déjà le travail, la création, l’information, la communication. Elle accélère, amplifie, redistribue les rôles. Elle ne pense pas à notre place, mais elle change la manière dont nous pensons, produisons et diffusons.

La phrase à retenir

GPT n’est pas l’IA.
GPT est une IA parmi d’autres, extraordinairement performante dans le langage.
L’IA générale, celle qui penserait vraiment, reste encore une idée.

Et peut-être est-ce mieux ainsi, pour l’instant.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Recevez nos notifications d'articles Oui Non merci