Perpignan, Pyrénées-Orientales. Le torchon brûle entre le gouvernement et le monde paysan des Pyrénées-Orientales. Ce jeudi 18 décembre, dès 7h, le péage du Boulou sur l’autoroute A9 est devenu le théâtre d’une mobilisation citoyenne massive. L’objectif ? Dire STOP au massacre des troupeaux, une politique jugée « abominable » et « inutile » par le Comité Citoyen « Stop aux massacres ».
La Dermatose Nodulaire Bovine, la maladie au centre de la crise, est présentée par le comité comme une affection qui « se soigne », bien loin de l’image de fléau que tenteraient d’imposer les instances nationales. Avec plus de 400 vaches massacrées dans le département (dont moins de 20 symptomatiques), la question n’est plus sanitaire, elle est politique. Les manifestants ne mâchent pas leurs mots : « C’est un crime d’État ! ».
Le cœur du débat se cristallise autour du choix : permettre aux éleveurs de « prendre soin » de leurs bêtes, d’opter pour l’immunité naturelle ou vaccinale, ou maintenir un « statut indemne » coûte que coûte. Pour les manifestants, l’enjeu dépasse la santé animale : il s’agit de favoriser « les intérêts financiers du commerce international et d’une agriculture intensive à outrance ». Une accusation lourde qui vise directement les accords du Mercosur.
Le consensus scientifique ? Une fable. Les militants dénoncent des « fake-news diffusées notamment par notre gouvernement », citant des études sur la mouche d’étable et les taux de mortalité. L’EFSA elle-même, selon eux, a émis des doutes sur l’efficacité des massacres de troupeaux entiers depuis 2016. Face à ce qu’ils appellent un « carnage organisé par notre République en notre nom », les citoyens et les éleveurs des P-O se dressent. « Quand l’immunité est considérée comme un ‘joyau’ par les éleveurs, mais comme un délit par l’État. » L’appel est clair : la démocratie doit « se ressaisir » et « poser les questions qui grattent à TOUT LE MONDE ». La route de l’A9 est aujourd’hui celle de la dignité paysanne.










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