L’inspiration, chez Salvador Dalí, ne frappe pas à la porte, elle se pose. Littéralement. On raconte que l’artiste, dans son domaine de Port-Lligat, prend ses bains de soleil après avoir lissé ses moustaches, longues et pointues, avec du miel. Une technique surréaliste pour attirer ses muses ailées : des mouches. Le Maître les baptise les “MOSCAS COSMICAS”, ces mouches cosmiques qui lui dictent l’œuvre à venir.
Mais l’une de ses histoires les plus savoureuses nous ramène au cœur des Pyrénées-Orientales, à Perpignan, ville qu’il a élevée au rang de “Centre du Monde” le 27 août 1965. Ce jour-là, Dalí et son épouse Gala arrivent par le train. Le couple traverse les artères principales de la ville en calèche, acclamé par une foule d’admirateurs. Un véritable événement, digne des plus grandes mises en scène daliniennes.
L’itinéraire mène le cortège rue Louis Blanc, devant l’illustre bijouterie DUCOMMUN. C’est là que l’anecdote bascule dans l’éternel. La calèche s’arrête. Une jeune fille s’avance et présente au Maître, sur un coussin de vermeil cerclé d’un ruban doré, un bijou exceptionnel. Il s’agit d’une bague en or et grenats de Perpignan, dont la pièce maîtresse représente, bien sûr, une “Mouche Cosmique”.
Le coup de foudre est immédiat. Dalí passe sans attendre le bijou au doigt de son épouse, Gala. Elle en est folle, elle ne la quittera plus. Cette réalisation n’est pas qu’une œuvre d’art locale ; elle est devenue un maillon fort de l’iconographie dalinienne.
Aujourd’hui, cette bague est une pièce maîtresse, exposée au musée Dalí, aux côtés des nombreuses sculptures en or, vermeil et argent réalisées par le grand maître. Elle témoigne que, même au sommet de son art, Salvador Dalí a su capter l’étincelle d’un artisanat catalan, transformant une “Mouche Cosmique” en légende internationale. Une preuve de plus que l’âme de l’art moderne bat bien au rythme de Perpignan.











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