Les éleveurs du département appellent à une révision urgente de la stratégie d’abattage
Perpignan – Octobre 2025.
Depuis la mi-octobre, la Dermatose Nodulaire Contagieuse (DNC) plonge les Pyrénées-Orientales dans une crise sans précédent. Quatorze exploitations agricoles ont été contraintes de sacrifier tout ou partie de leur cheptel pour éviter la propagation du virus.
Un acte de courage et de solidarité salué par le Groupement de Défense Sanitaire (GDS), la Chambre d’Agriculture, l’Association des AFP/GP et la Société d’Élevage des PO, qui signent un communiqué commun dénonçant une stratégie sanitaire jugée « brutale et injuste ».
Une stratégie européenne contestée
Les organisations professionnelles pointent du doigt la décision européenne d’imposer une éradication totale de la DNC par abattage systématique et vaccination sélective dans un rayon de 50 km.
Elles plaident pour une vaccination préventive de l’ensemble des cheptels européens, qui aurait évité la destruction d’exploitations entières.
« Une autre stratégie était possible », insistent les signataires, rappelant que les cheptels sacrifiés étaient le fruit d’années de sélection et parfaitement adaptés à la montagne méditerranéenne.
Des retards et des incohérences dans la vaccination
Le communiqué déplore également la lenteur de la mise en œuvre vaccinale. Les vaccins n’ont été disponibles qu’à partir du 21 octobre, soit plus de deux semaines après la détection du premier foyer en Espagne.
Cette situation a permis au virus de progresser avant que la protection ne soit efficace.
« La zone vaccinale, non adaptée à la géographie du département, n’a pas su protéger l’ensemble des éleveurs », souligne la Chambre d’Agriculture.
Un abattage systématique jugé absurde
Autre grief : l’envoi des bêtes abattues vers des unités d’équarrissage, sans aucune valorisation de la viande.
Les éleveurs proposaient une solution locale via les abattoirs de proximité, refusée par l’État.
« C’est un gaspillage inacceptable du travail des éleveurs », dénonce le GDS, appelant à reconsidérer cette décision pour les prochains cas.
Des éleveurs épuisés mais solidaires
Depuis un mois, les équipes du GDS, de la Chambre d’Agriculture et des AFP/GP sont mobilisées sept jours sur sept.
Des bénévoles accompagnent les éleveurs pour gérer la crise dans le respect des animaux et du voisinage.
La profession salue également la réactivité exemplaire des vétérinaires, qui ont permis de vacciner la majorité des troupeaux du département en moins de deux semaines.
Un appel à une stratégie plus juste
Les signataires demandent désormais à l’État de tenir compte de la couverture vaccinale et de remplacer l’abattage systématique par un abattage sélectif, limité aux seuls animaux malades.
Ils réclament également :
- Une vaccination totale de tous les bovins du 66 avant l’estive 2026,
- Une révision de la doctrine européenne pour éviter la répétition de telles crises,
- Une étude scientifique approfondie sur les vecteurs de transmission (tiques, mouches, vent, transport…).
Un enjeu humain avant tout
Au-delà des aspects économiques, cette crise met à rude épreuve le moral et la santé des éleveurs.
Les institutions appellent à l’unité et à la solidarité autour de ces agriculteurs « victimes collatérales d’une politique sanitaire mal adaptée ».










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