CALCUTTA (25 janvier 2026) – Alors que le monde panse encore les plaies des récentes crises sanitaires, une menace familière mais redoutable refait surface. L’État du Bengale-Occidental, en Inde, fait face à une nouvelle flambée du virus Nipah, poussant les autorités locales et les pays voisins à renforcer drastiquement leurs mesures de contrôle.
Une épidémie hospitalière qui inquiète
Depuis la mi-janvier 2026, au moins cinq cas confirmés ont été recensés dans la région de Barasat, près de Calcutta. Ce qui inquiète particulièrement les épidémiologistes, c’est le profil des personnes infectées : il s’agit principalement de personnel soignant (médecins et infirmiers).
Le « cas index » semble lié à deux infirmières d’un établissement privé, dont l’état de santé est jugé critique. À ce jour, près de 100 personnes contacts ont été placées en quarantaine stricte. Si le virus Nipah est connu pour ses apparitions sporadiques en Inde (notamment au Kerala), c’est la première fois en 19 ans que le Bengale-Occidental est touché.
Un virus « tueur » sans vaccin
Le virus Nipah (NiV) figure sur la liste des agents pathogènes prioritaires de l’OMS en raison de son potentiel épidémique et de l’absence de traitement spécifique.
« Le taux de létalité de ce virus est terrifiant, oscillant entre 40 % et 75 % selon les épidémies », rappelle un expert de l’OMS.
Transmis à l’homme par les chauves-souris frugivores (du genre Pteropus), le virus se propage par :
La consommation d’aliments contaminés (fruits mordus par une chauve-souris, sève de palmier crue).
Le contact direct avec des animaux infectés (porcs notamment).
La transmission interhumaine, par les fluides corporels, souvent observée dans les cadres familiaux ou hospitaliers.
Symptômes et diagnostic : une progression fulgurante
La maladie débute souvent comme une grippe banale : fièvre, maux de gorge et douleurs musculaires. Cependant, elle peut rapidement dégénérer en encéphalite aiguë (inflammation du cerveau) ou en détresse respiratoire sévère. Les patients peuvent sombrer dans le coma en 24 à 48 heures.
La riposte s’organise en Asie
L’onde de choc dépasse les frontières indiennes. Ce dimanche 25 janvier, la Thaïlande a annoncé le renforcement des contrôles sanitaires dans ses aéroports pour les voyageurs en provenance d’Inde. De son côté, Taïwan a pris la décision de classer l’infection par le virus Nipah comme « maladie à déclaration obligatoire de catégorie 5 », le niveau de surveillance le plus élevé.
Au Bangladesh voisin, où le virus est endémique, la vigilance est également maximale. Les autorités sanitaires rappellent des règles de prévention simples mais vitales :
Ne pas consommer de fruits trouvés au sol ou présentant des traces de morsures.
Laver soigneusement les fruits avant consommation.
Éviter la sève de palmier crue (traditionnellement récoltée en hiver).
Malgré l’absence de vaccin commercialisé, plusieurs candidats vaccins sont actuellement en phase d’essais cliniques, portés par l’alliance GAVI. En attendant, seule une isolation rapide des cas et une hygiène rigoureuse peuvent briser la chaîne de transmission de ce virus de l’ombre.










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