Face au spectre d’un désenclavement à l’arrêt et à une pression fiscale record, la sénatrice des Pyrénées-Orientales Lauriane Josende somme le gouvernement d’agir pour sauver la ligne aérienne Perpignan-Paris.
Cinq heures de train pour rallier la capitale et une ligne à grande vitesse renvoyée aux calendes grecques de 2040 : pour les Pyrénées-Orientales, le vol Perpignan-Orly ne relève pas du confort, mais d’un cordon ombilical vital. Pourtant, ce lien direct avec Paris vacille dangereusement. Lors des questions orales au Sénat, la sénatrice Lauriane Josende tire la sonnette d’alarme face à un gouvernement aux abonnés absents.
Un trafic en chute libre, des taxes en plein vol
Dans l’hémicycle, la sénatrice ne mâche pas ses mots. Face aux ministres, elle dresse un constat sévère : le tarmac catalan se vide à vue d’œil. Les chiffres donnent le vertige avec 17 000 passagers évaporés sur les cinq premiers mois de 2025 et un plongeon de 30 % de la fréquentation enregistré à la fin du mois d’août 2026.
Pendant que les avions se vident, les taxes, elles, décollent. Depuis mars 2025, la taxe de solidarité sur les billets a flambé de 181 %, grimpant de 2,63 € à 7,40 € par voyageur. Le projet de budget 2027 enfonce le clou en prévoyant de porter jusqu’à 22 € le plafond du tarif de sûreté pour les petits aéroports régionaux.
« C’est profondément injuste et économiquement absurde ! On fragilise des aéroports dont l’équilibre est déjà précaire, avant de devoir demain dépenser des millions d’euros d’argent public pour maintenir les liaisons que l’on aura contribué à faire disparaître », fustige Lauriane Josende.
Économie locale en sursis : la riposte parlementaire s’organise
La réponse du gouvernement ? Un simple rappel de chiffres sans le moindre engagement pour pérenniser la liaison. Une fin de non-recevoir inacceptable pour l’élue, qui emprunte la ligne chaque semaine aux côtés des acteurs économiques catalans. Dans un département qui figure parmi les plus pauvres de l’Hexagone, couper les ailes de Perpignan revient à pénaliser directement les entreprises, les emplois et l’attractivité locale.
Lauriane Josende refuse d’assister passivement à ce crash programmé. Elle annonce le dépôt prochain d’un amendement au projet de loi de finances pour 2027 visant à supprimer ce nouveau coup de massue fiscal. L’objectif reste clair : imposer enfin une fiscalité adaptée aux territoires enclavés qui ne demandent qu’à rester connectés au pays.









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