Figure indissociable de Perpignan et patron emblématique du festival international Visa pour l’Image, Jean-François Leroy s’est éteint ce 31 août 2026. Une immense perte pour les Pyrénées-Orientales et pour le monde du photoreportage, qui perd son porte-voix le plus libre, passionné et intransigeant.
Il y a des personnalités dont le nom se fond si étroitement avec une ville qu’on ne sait plus qui fait battre le cœur de l’autre. Jean-François Leroy était de cette trempe-là. Fondateur et âme de Visa pour l’Image, il s’éteint à Perpignan, laissant derrière lui le grand livre ouvert d’un monde qu’il a inlassablement refusé de voir fermer les yeux.
Pendant près de quatre décennies, il a transformé Perpignan en capitale mondiale de la vérité brute. Pas celle des paillettes ou des filtres numériques, mais celle de l’instantané qui cogne, qui réveille et qui dérange. Regarder, comprendre, ne jamais oublier : voilà le mantra d’un homme qui préférait heurter plutôt que de voir la mémoire s’effacer.
« Perpignan et notre département lui doivent beaucoup »
Dans un hommage vibrant empreint d’émotion, Hermeline Malherbe, présidente du Département des Pyrénées-Orientales, salue la mémoire d’un bâtisseur de regards :
« Il est des hommes dont le nom finit par se confondre avec un lieu, avec une histoire, avec un festival. Avec lui, c’est une grande voix du photojournalisme, une personnalité libre et passionnée, mais aussi une figure profondément attachée à Perpignan et aux Pyrénées-Orientales qui disparaît. »
Personnage entier, réputé pour son franc-parler légendaire, sa liberté sans concession et sa bienveillance envers les reporters de terrain, Jean-François Leroy aimait répéter sa devise fétiche : « Still Kicking ». Aujourd’hui, l’écho de cette formule résonne avec force dans les ruelles catalanes et jusque dans les rédactions du globe.
L’héritage d’un passeur d’histoires
Des conflits oubliés aux crises humanitaires majeures, il a offert une tribune mondiale à celles et ceux qui risquent leur peau pour témoigner du réel. Sa disparition laisse un vide immense au sein de la communauté internationale des photographes, mais son empreinte en pays catalan reste indélébile.
À sa famille, à ses équipes, à ses proches et à tous les photographes qu’il a défendus corps et âme, la rédaction adresse ses plus sincères condoléances. Le festival continue, la lumière reste allumée, mais l’objectif ne regardera plus jamais tout à fait de la même manière.









Laisser un commentaire