Les Angles : scandale autour de l’étape du Tour de France

Le passage du Tour de France aux Angles devait être une fête populaire. Il se transforme aujourd’hui en sujet de colère. Dans un courrier adressé au directeur du Tour de France, Christian Prudhomme, Antoine Martin, restaurateur du restaurant Chez Antoine, dénonce un comportement qu’il juge irrespectueux envers les commerçants locaux, déjà durement touchés par les conséquences des incendies qui frappent les Pyrénées-Orientales.

Personne ne conteste les circonstances exceptionnelles. L’immense incendie qui ravage le département impose une réorganisation de l’arrivée de la 3e étape et bouleverse une journée préparée depuis des mois. Mais, selon le restaurateur, le véritable problème ne se situe pas là.

Ce qu’il pointe du doigt, c’est l’attitude des invités institutionnels et des personnes accréditées. D’après son témoignage, plusieurs réservations effectuées dans les établissements de la station n’ont jamais été honorées… sans être annulées.

Une situation qui a des conséquences bien réelles pour les cafés, hôtels et restaurants. En conservant leurs réservations jusqu’au dernier moment sans prévenir, ces convives auraient empêché les professionnels de proposer ces places à d’autres clients. Résultat : des tables restent vides alors que la demande existe, et les établissements encaissent une perte financière sèche.

« Une simple annulation aurait permis de faire travailler les commerces locaux », résume en substance Antoine Martin, qui estime que ce manque de considération vient s’ajouter aux difficultés déjà rencontrées par les acteurs économiques du village.

Dans son courrier, il regrette également qu’aucun représentant de l’organisation ne soit venu rencontrer les commerçants après l’arrivée de l’étape pour témoigner de son soutien ou remercier la commune de son investissement. Un geste symbolique qui, selon lui, aurait permis d’apaiser une partie de la déception.

Les Angles avaient pourtant mis les moyens pour accueillir la Grande Boucle. La commune et ses partenaires avaient investi près de 140 000 euros pour faire de cette étape une vitrine du territoire. Un effort important pour une station de montagne qui comptait sur les retombées économiques de l’événement.

Pour les professionnels, l’amertume est donc double. D’abord parce que la fête a été assombrie par une catastrophe naturelle indépendante de toute volonté humaine. Ensuite parce que certaines pertes auraient pu être évitées grâce à un geste simple : prévenir de l’annulation des réservations.

Dans les Pyrénées-Orientales, où les commerces vivent au rythme des saisons et des grands événements, une réservation non honorée n’est jamais anodine. Elle représente une opportunité perdue, un chiffre d’affaires envolé et, parfois, une journée de travail qui ne se rattrape pas.

Une leçon que les professionnels espèrent voir entendue : lorsque les circonstances obligent à changer les plans, quelques secondes pour annuler une réservation peuvent faire toute la différence pour ceux qui vivent de leur activité.

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