C’est un véritable tournant dans la lutte contre l’un des cancers les plus agressifs. Des travaux inédits menés par le Dr Marc Hilmi de l’Institut Curie dévoilent l’existence d’une nouvelle famille de cellules immunitaires chez les patients dits « super-répondeurs » à l’immunothérapie. Ces résultats spectaculaires, présentés au congrès de l’American Association for Cancer Research (AACR) 2026, sont en train de réécrire les règles du jeu.
L’étude se penche sur les résultats prometteurs de l’essai clinique POLAR (États-Unis), qui montre déjà l’efficacité d’une combinaison d’immunothérapie et de thérapie ciblée contre le cancer du pancréas métastatique. Mais le mystère demeure : pourquoi l’immunothérapie fonctionne-t-elle si bien chez seulement 10 % des patients, alors qu’elle reste sans effet sur les autres ?
Le Dr Hilmi, oncologue et post-doctorant au Memorial Sloan Kettering Cancer Center à New York, lève le voile : « Nous avons identifié un nouveau sous-type de lymphocytes, les TIE (pour T Infiltrated Expandable) ». Ces cellules sont l’arme secrète des « super-répondeurs », ceux dont la survie est considérée comme exceptionnelle. C’est la première fois que la science explique ce phénomène d’efficacité variable.
La puissance des lymphocytes TIE réside dans leur capacité à s’infiltrer et à s’étendre dans le tissu situé tout près de la tumeur. Mais la véritable « punchline » de cette découverte, c’est que ces cellules ne sont pas le résultat du traitement, elles sont pré-existantes au diagnostic. L’immunité des « super-répondeurs » est déjà là, prête à combattre, avant même que le traitement ne commence.
Cette avancée, réalisée grâce à des technologies de pointe comme la transcriptomique spatiale, offre désormais une perspective clinique majeure. Le Dr Marc Hilmi conclut : « La présence ou non de ces lymphocytes TIE devrait permettre de prédire la réponse à l’immunothérapie dans le cancer du pancréas et pourquoi pas dans d’autres localisations ». En d’autres termes, un simple test pourrait bientôt déterminer qui bénéficiera de ce traitement, évitant ainsi des thérapies inutiles et ouvrant la voie à une médecine encore plus personnalisée, portée par l’excellence de la recherche française à l’Institut Curie.
L’Institut Curie, fondé par Marie Curie, continue ainsi de se positionner comme le 1er centre français de lutte contre le cancer, associant recherche de renommée internationale et soins de pointe.









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