C’est une page de l’histoire paysagère de Collioure qui se tourne. L’ormeau, l’arbre le plus célèbre du Château Royal, celui qui trône en équilibre sur le rempart face au clocher et au port, est abattu aujourd’hui, ce jeudi 19 mars 2026.

Coup dur pour le patrimoine : l’abattage est inéluctable. Le Département des Pyrénées-Orientales, propriétaire du site, confirme la nécessité de cette intervention. En cause ? Un dépérissement accéléré devenu critique en quelques mois. Ce témoin végétal historique représente désormais un risque majeur pour la sécurité des visiteurs déambulant sur les murailles ou la passerelle en contrebas.

Ce n’est pas n’importe quel arbre. Très vraisemblablement un Orme champêtre (Ulmus campretis), il est un rare rescapé d’une espèce décimée en Europe par la graphiose dès les années 1970. Son ancienneté, évaluée à une centaine d’années, et sa position remarquable lui confèrent une valeur patrimoniale exceptionnelle dans le tableau colliourenc, même sans label « arbre remarquable ».

Il est l’héritier d’une présence attestée sur le Voramar au début du XXe siècle, dont le souvenir est gravé sur la plaque « Sota l’om » (Sous l’orme). Cet ormeau du château, que l’on retrouve sur les cartes postales et les peintures depuis les années 1920, c’est toute une mémoire collective qui disparaît.

Mais son image, elle, perdurera. Si le terrain ne permet malheureusement pas une replantation immédiate, la mémoire de l’arbre sera préservée. Un dispositif d’interprétation sera installé devant sa souche et des rondelles de son tronc seront conservées et valorisées. L’arbre part, le symbole reste.

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