Le Castell Gala Dalí de Púbol frappe fort pour sa nouvelle saison. Jusqu’au 6 janvier 2027, le château de l’égérie s’offre un duel créatif au sommet : l’exposition « Dalí / Horst. Mirades creuades » (Regards croisés) révèle les liens insoupçonnés entre le maître du Surréalisme, Salvador Dalí, et l’un des plus grands photographes de mode du XXe siècle, Horst P. Horst.
Quand la lumière de Vogue rencontre la folie catalane
Oubliez les clichés. L’exposition, présentée par Jordi Mercader et Montse Aguer de la Fundació Gala-Salvador Dalí, est un voyage fascinant dans le Paris trépidant de la fin des années 30. Dalí, le provocateur, et Horst, l’esthète de Vogue, partagent alors amis, scènes et une obsession commune : la beauté classique et le bouillonnement du Surréalisme. C’est la rencontre du peintre qui rêve de désintégration atomique et du photographe qui capture l’éternité dans un drapé.
Ce « dialogue créatif » se déploie à travers 27 pièces. On y découvre des collaborations mythiques, comme les travaux pour le ballet Bacanal ou le pavillon Somni de Venus (Rêve de Vénus) de l’Exposition universelle de New York en 1939. Une vraie punchline visuelle : qui d’autre que Dalí et Horst pouvait transformer des modèles nues en sirènes enguirlandées d’étoiles de mer ?
Des vestes inédites et un nez de Néron
Le parcours est jalonné de trésors. Dix-sept photographies, dont des planches-contact inédites et une photo d’époque subtilement retouchée par Dalí, côtoient quatre anciens magazines Vogue. Pièces maîtresses de l’indumentaire : trois vestes de Gala et Dalí, dont deux n’ont jamais été exposées auparavant et restaurées pour l’occasion. Ces tenues, souvent signées Arthur Falkenstein, prouvent que pour le couple, la mode est une véritable mise en scène, un « uniforme de Dalí ».
Clou du spectacle, la toile Desmaterialització prop del Nas de Neró (1947) de Salvador Dalí ancre l’exposition dans l’ère atomique post-Hiroshima. Un chef-d’œuvre qui illustre l’influence de la physique quantique sur l’artiste et dont les portraits impeccables de Horst offrent un contrepoint saisissant. L’exposition n’est pas seulement un regard croisé entre deux géants, elle est la preuve que pour écrire l’histoire de l’art et de la mode, il faut parfois oser l’impossible.
La présentation a également été marquée par une conversation entre la journaliste Joana Bonet et le photographe Manuel Outumuro, soulignant l’importance de ce lien entre l’objectif et l’aiguille. Une invitation à la rêverie que Púbol propose jusqu’au début 2027.












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