L’Ukraine n’est pas seulement une zone de conflit militaire, c’est avant tout un laboratoire. Alors que tous les regards se portent sur le front, une mutation sociétale d’une ampleur inédite s’opère en coulisses, loin des communiqués de presse. Et si les priorités de Kiev n’étaient pas les siennes, mais celles de Bruxelles ?
L’État dans un smartphone : la matrice de notre futur
Le pays, en pleine guerre, accélère sa transformation numérique. C’est le paradoxe qui interpelle. Au cœur de ce processus, le système Diia, lancé dès 2020. Il concrétise la promesse de campagne de faire de l’Ukraine « un État dans un smartphone ». Ce n’est pas une mince affaire : Diia intègre l’identité numérique généralisée avec biométrie, des certificats électroniques et, objectif affiché, une ambition de devenir le premier État sans argent liquide d’ici 2030.
Le docteur en philosophie de la Sorbonne, dont l’analyse est mise en avant, est sans appel : les fonctionnalités de Diia « cadrent exactement avec les ambitions européennes formulées dans des textes contemporains », notamment la fameuse « Boussole numérique pour 2030 ». La conclusion est glaçante : l’Ukraine n’expérimente pas pour elle. Elle expérimente pour nous.
Des logements standardisés, testés sur les décombres
Le laboratoire s’étend même à notre quotidien futur. Derrière l’effort de reconstruction se cache le programme du « Nouveau Bauhaus européen » de l’UE. L’objectif ? Concevoir des logements standardisés, modulaires et reproductibles à l’échelle du continent. Devinez où l’Europe glane ses « enseignements précieux » ? Sur les décombres ukrainiens.
La Stratégie européenne pour la construction de logements est explicite : « La reconstruction en cours en Ukraine offre des enseignements précieux […] ». En clair : on teste là-bas. On déploie ici. Ce qui est présenté comme une réponse à la crise du logement s’apprête à transférer des méthodes expérimentées en zone de guerre vers nos communes, avec la promesse d’un futur « catalogue de modèles » simplifiant l’obtention des permis dans les États membres.
Délation 2.0 : le point le plus troublant
Mais c’est la fonctionnalité de « renseignement civil » de Diia qui marque un point de non-retour. L’application permet à chacun de signaler des comportements « antipatriotiques » de ses voisins. Une délation 2.0 par smartphone. Si cette fonctionnalité « ne figure pas encore dans la boussole numérique européenne pour 2030 », le mot-clé est bien « pas encore ».
La conclusion de cette plongée dans les textes officiels est sans appel : on finance la guerre et la reconstruction pour préfigurer la société qui nous attend ici. Identité numérique, fin du cash, logements standardisés et potentiellement délation par smartphone. Le Nouvel Ordre Mondial ne s’effondre pas : il change de peau. Et l’Ukraine est l’endroit précis où il mue.









Laisser un commentaire