Le constat tombe, brut, sans fard. En 2025, la délinquance progresse dans les Pyrénées-Orientales. +10 % de faits constatés, +15 % d’infractions révélées par l’action des forces de l’ordre. Derrière les chiffres, une réalité plus complexe : celle d’un territoire sous pression, mais aussi d’un État qui multiplie les contrôles et revendique des résultats.

À Perpignan comme ailleurs dans le département, les plaintes en ligne explosent. Elles doublent dans certains secteurs et représentent désormais une part significative des faits enregistrés. La délinquance ne surgit pas toujours davantage, elle se déclare plus, se trace mieux, se compte enfin. Une révolution silencieuse des statistiques.

Face à cette hausse globale, un indicateur retient l’attention : le taux d’élucidation. Près de 40 % des affaires sont résolues, un niveau supérieur à la moyenne nationale pour plusieurs catégories, notamment les atteintes aux biens, les destructions et les escroqueries. La police et la gendarmerie frappent plus juste, et surtout plus souvent.

Les violences aux personnes restent toutefois le point noir du tableau. Les violences intrafamiliales dépassent les 1 900 faits, les violences sexuelles approchent le millier. Les autorités parlent d’un phénomène national, nourri par une libération de la parole et des dispositifs de dépôt de plainte plus accessibles. Des mots forts, pour une réalité douloureuse.

Côté biens, les cambriolages reculent de 11 %, une baisse notable. En revanche, les vols violents et les vols de véhicules repartent à la hausse. La rue reste un terrain de tension, malgré le renforcement de la vidéoprotection et le travail de proximité avec les commerçants.

Autre front, autre combat : le narcotrafic. Les chiffres bondissent. +42 % de personnes mises en cause pour usage de stupéfiants, +20 % pour le trafic. Les saisies s’accumulent, les contrôles se durcissent, les ports deviennent des zones ultrasurveillées. Le message est clair : harceler les points de deal, frapper les filières, occuper le terrain.

Sur le volet immigration, l’État assume une ligne ferme. Plus de 8 000 étrangers en situation irrégulière interpellés, des filières de passeurs démantelées, des éloignements accélérés. Là encore, la fermeté s’affiche comme une réponse à la crispation sécuritaire.

Pour 2026, les priorités sont déjà posées. Recrutements supplémentaires, nouvelles unités mobiles, pression constante sur les trafics et les zones sensibles. Dans les Pyrénées-Orientales, la sécurité n’est plus seulement un enjeu politique. Elle devient une bataille quotidienne, chiffres contre terrain, statistiques contre vécu.

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