L’or flambe, puis corrige brutalement. L’argent décroche de près de 30 %. Le platine, le palladium, le cuivre suivent le mouvement. Les marchés tanguent, les certitudes vacillent. Et une idée s’impose : ce n’est pas l’or qui bulle, ce sont les monnaies qui craquent.

Depuis la fin 2025, les métaux précieux vivent une séquence de haute tension. Une envolée spectaculaire, une correction violente, puis une stabilisation nerveuse. En toile de fond, un monde qui se recompose à marche forcée. Certains parlent de Grand Reset. D’autres d’un simple retour au réel.

Deux visions, un monde qui se fracture

D’un côté, la vision dite globaliste. Elle promeut le citoyen du monde, la gouvernance mondiale et le recul des États-nations. Le climat devient l’argument central de politiques globales. L’immigration et le libre-échange sont présentés comme des leviers pour dissoudre les frontières, économiques comme culturelles. La souveraineté glisse vers des institutions supra-étatiques, au premier rang desquelles l’Union européenne.

En face, la vision souverainiste, portée par le courant trumpiste. Ici, l’État-nation redevient la brique de base. La mondialisation est freinée pour permettre la réindustrialisation. L’immigration est réduite. Le gouvernement mondial est refusé. La démocratie ne s’exerce qu’à l’échelle nationale. Deux lectures irréconciliables d’un même monde.

Marchés : la correction qui révèle la faille

L’or corrige, mais reste en hausse de 13 % depuis le 1er janvier. Le pétrole, lui, continue de grimper sans correction notable. Le bitcoin chute et perd son statut de valeur refuge. Le dollar se redresse, l’euro baisse mécaniquement. Le message est clair : la crise n’est pas celle de l’or, mais celle des monnaies fiduciaires.

Les banques centrales envoient d’ailleurs un signal sans ambiguïté. Le dollar recule dans les réserves mondiales, passant d’environ 60 % à 40 %. L’euro, le yen et la livre sterling s’effritent. Seul l’or progresse. Ce n’est pas une dédollarisation, c’est une regoldisation. L’or revient au centre du jeu monétaire.

La dette, talon d’Achille du dollar fort

La nomination de Kevin Warsh à la tête de la banque centrale américaine marque un tournant. Faucon assumé, partisan d’un dollar fort et de taux réels positifs autour de 4 à 5 %. Sur le papier, la ligne est claire. Dans la réalité, elle se heurte à un mur : plus de 40 000 milliards de dollars de dette fédérale.

À 5 %, les intérêts annuels frôlent les 2 000 milliards de dollars. Presque trois fois le budget du Pentagone. Impossible à absorber sans monétiser la dette. Le paradoxe est total : vouloir défendre le dollar conduit mécaniquement à l’affaiblir.

Yalta 2.0, Bretton Woods 2.0

En coulisses, le monde se redessine. Une sorte de Yalta 2.0 s’esquisse : l’Ukraine bascule dans l’orbite russe, Taïwan dans celle de la Chine. Les États-Unis consolident leur influence du Groenland au Venezuela, en passant par le Proche-Orient. L’Iran est marginalisé.

Dans le même temps, un Bretton Woods 2.0 se profile. Un nouveau système monétaire international, où l’or redevient incontournable, possiblement adossé à un panier de matières premières : pétrole, gaz, métaux précieux et industriels. Un Conseil de la paix, pensé pour contourner l’ONU, pourrait en être l’ossature politique.

L’Europe hors-jeu

La fracture est désormais transatlantique. Aux États-Unis, le souverainisme s’impose. En Europe, le courant mondialiste reste dominant. Résultat : l’Europe ne pèse plus dans les négociations stratégiques. La formule claque comme une gifle : « L’Europe n’est pas à la table, elle est au menu. »

2026-2027 : les années charnières

La volatilité est là pour durer. Les métaux précieux restent orientés à la hausse malgré les secousses. Aucun effondrement de l’or n’est à l’horizon tant que l’endettement massif et la création monétaire persistent. Le Grand Reset version souverainiste est lancé. Et cette fois, les marchés écoutent.

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