Une avancée scientifique majeure vient raviver l’espoir face à l’un des cancers les plus redoutables. L’oncologue espagnol Mariano Barbacid et son équipe annoncent être parvenus à éliminer totalement des tumeurs pancréatiques chez la souris, en s’attaquant à une mutation longtemps jugée quasi intouchable : KRAS.

Le résultat repose sur une combinaison de trois médicaments déjà connus, administrés à faible toxicité : la gemcitabine, chimiothérapie de référence, l’ATRA (acide rétinoïque, dérivé de la vitamine A) et le neratinib, un inhibiteur de tyrosine kinase. Ensemble, ces molécules agissent de façon complémentaire pour bloquer les mécanismes de survie et de prolifération des cellules cancéreuses.

Dans l’étude publiée le 27 janvier 2026 dans la revue scientifique PNAS, les chercheurs décrivent une régression complète des tumeurs chez des modèles murins porteurs de mutations KRAS, présentes dans plus de 90 % des cancers du pancréas. Un chiffre qui souligne l’ampleur de l’enjeu.

Longtemps considérée comme « non ciblable », la mutation KRAS a résisté à des décennies de recherche. Cette étude bouscule les certitudes. « Nous ne frappons pas KRAS directement, mais son écosystème », expliquent les auteurs, mettant en avant une stratégie indirecte mais redoutablement efficace.

Si la prudence reste de mise — les résultats concernent pour l’instant l’animal — cette découverte ouvre une piste thérapeutique crédible et potentiellement rapide à transposer chez l’humain, les médicaments utilisés étant déjà connus et, pour certains, employés en pratique clinique.

Dans un domaine où les avancées sont rares et les pronostics souvent sombres, cette publication marque un tournant scientifique majeur. Elle pourrait, à terme, changer la donne pour des milliers de patients atteints de cancer du pancréas, l’un des plus meurtriers au monde.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Recevez nos notifications d'articles Oui Non merci