Le ton est posé, le public attentif. Au Mega Castillet à Perpignan, les cinq candidats à la mairie répondent à l’invitation de l’Union des entreprises de proximité. Objectif : confronter leurs visions sur l’économie locale, la fiscalité, le centre-ville, l’eau et l’agriculture. Chacun joue cartes sur table. Le grand oral commence.

Attractivité économique : un constat partagé, des chemins différents

Tous reconnaissent une réalité : Perpignan souffre d’un déficit d’image auprès des entreprises. Louis Alliot souligne l’absence de la ville dans les classements nationaux d’attractivité et affiche l’ambition d’y faire entrer Perpignan d’ici la fin du mandat.

Bruno Nougayrède met en avant les leviers structurels : foncier disponible, énergie décarbonée, formations qualifiantes et mobilisation de capitaux publics et privés, sans oublier la proximité stratégique de Barcelone.

Annabelle Brunet défend une vision tournée vers le rayonnement : faire de Perpignan une cité des congrès, renforcer l’aéroport, doubler la population étudiante et marquer la ville par un geste architectural fort.

Mathias Blanc insiste sur la coopération territoriale, la lisibilité de l’action publique et une animation économique continue, loin des opérations ponctuelles.

Michaël Idrac recentre le débat sur la ville elle-même, estimant que Perpignan doit d’abord se renforcer avant de peser davantage à l’échelle de l’agglomération.

Fiscalité : stabilité, justice et lisibilité

Les chiffres font réagir la salle : une CFE deux fois plus élevée qu’à Paris et une taxe foncière supérieure de 20 % à la moyenne départementale. Tous s’accordent sur la nécessité de ne pas alourdir la pression fiscale.

Bruno Nougayrède propose le gel des taux et une baisse progressive si les bases fiscales augmentent. Louis Alliot défend la stabilité, estimant qu’une baisse immédiate mettrait en péril les services publics.

Mathias Blanc plaide pour davantage de transparence et un encadrement des loyers commerciaux. Annabelle Brunet avance l’idée de plafonnements pour les petites entreprises et d’un fléchage clair des recettes fiscales. Michaël Idrac cible prioritairement les TPE, avec des exonérations de CFE pour les structures en difficulté.

Centre-ville : stationner, animer, habiter

La désertification commerciale revient au cœur des échanges. Sur le stationnement, Annabelle Brunet évoque 1 000 places gratuites lors des événements et des navettes régulières. Bruno Nougayrède défend une tarification progressive et la reprise en gestion directe des parkings souterrains.

Louis Alliot mise sur des heures gratuites et des temps forts culturels déjà éprouvés, comme le marché de Noël ou de grandes expositions. Mathias Blanc appelle à une animation permanente et au retour de grands marchés populaires. Michaël Idrac propose un guichet municipal unique pour les artisans et des locaux à loyers symboliques.

Transports : repenser les déplacements

La question des mobilités structure le débat. Michaël Idrac présente un projet de bus en site propre sur les grands axes, avec une gratuité progressive pour les jeunes. Mathias Blanc ouvre la réflexion sur un éventuel tramway, à condition d’une concertation citoyenne.

Louis Alliot et Bruno Nougayrède insistent sur l’adaptation des horaires et la fluidité des déplacements pour soutenir l’activité économique.

Eau : urgence climatique et choix stratégiques

Sur la gestion de l’eau, les visions divergent. Louis Alliot défend la construction d’une usine de dessalement pour sécuriser l’agriculture. Bruno Nougayrède privilégie le stockage et la réutilisation, alertant sur le coût énergétique du dessalement.

Annabelle Brunet met l’accent sur la rénovation du canal de Perpignan et la réutilisation des eaux usées. Mathias Blanc prône une approche collective, entre stockage et réalimentation des nappes. Michaël Idrac insiste sur la réduction des pertes dans les réseaux et la protection du foncier agricole.

Agriculture : préserver un pilier du territoire

Tous reconnaissent le rôle central de l’agriculture. Lutte contre la cabanisation pour Louis Alliot, foncière agricole et circuits courts pour Annabelle Brunet, PAEN et installation des jeunes agriculteurs pour Mathias Blanc.

Michaël Idrac défend une agriculture nourricière locale, protégée de la bétonisation. Bruno Nougayrède parle attractivité des métiers, agriculture raisonnée et valorisation du produit local.

Un débat suivi de près par les entrepreneurs

Sans vainqueur ni verdict, ce grand oral met en lumière cinq projets distincts, mais une attente commune : offrir aux entreprises de proximité stabilité, visibilité et perspectives. À Perpignan, la campagne municipale entre dans une phase décisive.

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