Ce soir au Mega Castillet de Perpignan les cinq candidats qui visent la plus grosse commune de Pyrénées-Orientales ont répondu aux questions des chefs d’entreprise locaux réunis par le MEDEF (Mouvement des Entreprises de France), la FDSEA 66 (Fédération Départementale des Syndicats d’Exploitants Agricoles), la CAPEB syndicat patronal de l’artisanat du bâtiment, et l’U2P (Union des Entreprises de Proximité).
Ce que nous avons retenu de l’intervention de conclusion de Louis Aliot, actuel Maire de Perpignan :
Perpignan investit, malgré la tempête économique
À Perpignan, les chiffres parlent fort et clair. Malgré un contexte économique tendu, la mairie maintient le cap et continue d’injecter massivement dans l’économie locale. Commandes publiques, grands chantiers, soutien aux filières clés : la Ville affiche une stratégie assumée, tournée vers l’investissement et l’avenir.
50 millions d’euros par an, le choix de l’action
Sur les trois dernières années, les commandes publiques et investissements atteignent près de 50 millions d’euros par an, pour un total de 220 millions d’euros engagés sur le mandat. Un effort financier conséquent, d’autant plus marquant qu’il est réalisé dans une période chahutée. Plus de la moitié de ces montants bénéficie directement à des entreprises de Perpignan et du département, soutenant ainsi l’emploi et le tissu économique local.
Les secteurs les plus concernés restent les travaux publics et le logement. Parmi les réalisations emblématiques figurent une médiathèque, la pelouse de Démigirane, le centre d’entraînement et la future tribune des DRAGONS, actuellement en phase de sélection. Des équipements structurants qui transforment durablement le paysage urbain.
Investir malgré les vents contraires
Ces choix interviennent dans un contexte pour le moins complexe. Entre 2020 et 2022, la crise du Covid freine l’activité. S’ajoute ensuite le surenchérissement de l’énergie lié à la guerre en Ukraine, avec un doublement du prix de l’énergie pour la consommation de la mairie. Malgré tout, Perpignan ne lève pas le pied. Un pari risqué pour certains, mais revendiqué comme nécessaire par la municipalité.
Des projets qui s’inscrivent dans le temps long
De nombreux chantiers lancés durant le premier mandat verront leur aboutissement lors du second mandat. Sont notamment concernés l’amélioration d’équipements existants, les entrées de ville, les allées Mayol et l’installation de nouvelles entreprises, actuellement en discussion. Ces projets se construisent en collaboration étroite avec la communauté urbaine, dans une logique de cohérence territoriale.
L’agriculture locale dans le viseur
La mairie affiche également son soutien au monde agricole. Accès à l’eau, promotion de l’agriculture locale, participation à un salon agricole : autant d’actions destinées à défendre une filière fragilisée mais stratégique pour le territoire.
Saint-Jacques, symbole du renouveau urbain
Au cœur de la ville, le NPNRU (Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain) incarne une politique partenariale entre l’État, la mairie et les acteurs locaux. Sur la période, 56 millions d’euros ont été renégociés. À Saint-Jacques, après 30 ans de démolitions, un immeuble sort enfin de terre et sera livré très prochainement. Un signal fort pour un quartier longtemps fragilisé, désormais considéré comme un atout pour le centre-ville.
Foncier sécurisé et tourisme en hausse
Autre dossier stratégique : le foncier de Saint-Charles, sécurisé en partenariat avec l’agglomération et Saint-Charles International. Côté attractivité, la Ville a repris la compétence tourisme il y a deux ans. Résultat : les chiffres du tourisme à Perpignan progressent, confirmant l’impact des actions engagées.
À Perpignan, l’investissement n’est pas un slogan. C’est une ligne de conduite. Malgré les crises, la Ville mise sur le béton, les projets et l’économie réelle pour préparer demain.
Ce que nous avons retenu de l’intervention de conclusion de Mathias Blanc, candidat au élections municipales à Perpignan sous la liste « Perpignan autrement » :
Emploi à Perpignan : l’urgence d’agir et les pistes sur la table
À Perpignan, le constat est sans appel. Le territoire fait face à un taux de chômage de 33 % chez les jeunes. Un chiffre qui claque, qui inquiète et qui impose des réponses concrètes. Derrière cette réalité, un potentiel existe pourtant : celui des entreprises locales, des adhérents des syndicats et des filières encore sous-exploitées. Reste à transformer l’essai.
Repenser le centre-ville pour recréer de l’emploi
Parmi les propositions avancées, la création d’un technocentre en cœur de ville fait figure de projet structurant. Inspiré du modèle de Technosud, situé au sud de Perpignan, ce futur pôle miserait sur trois filières stratégiques : la high-tech, l’agroalimentaire et le textile.
L’ambition est double : créer de l’emploi qualifié et repeupler le centre-ville. Redonner de l’activité économique là où les vitrines se ferment, et recréer une dynamique urbaine durable.
L’économie sociale et solidaire, un levier sous-estimé
Souvent discrète mais essentielle, l’économie sociale et solidaire représente déjà 16 % des salariés de Perpignan. Un poids considérable. Ce secteur constitue un réservoir d’emplois capable d’accompagner les porteurs de projets sur le long terme, en alliant activité économique et utilité sociale.
L’enjeu est clair : mieux structurer, soutenir et valoriser cette économie pour qu’elle joue pleinement son rôle dans la lutte contre le chômage.
Réinsérer les oubliés de l’emploi
Autre piste explorée : le dispositif territoires zéro chômeur de longue durée. Une association a été rencontrée afin d’étudier la mise en œuvre de ce mécanisme, qui vise à réinsérer durablement dans l’emploi des personnes éloignées du marché du travail depuis plusieurs années. Une réponse concrète à une exclusion souvent invisible.
Soutenir les entreprises locales
La réflexion porte également sur les aides aux entreprises, notamment via les garanties d’emprunts prévues par la loi. Un outil financier qui peut faire la différence pour des structures fragiles ou en phase de développement, à condition d’être bien ciblé.
Des marchés publics plus accessibles
Les marchés publics constituent aussi un levier majeur. Deux orientations fortes sont mises en avant : favoriser l’allotissement afin de faciliter l’accès des entreprises locales, et généraliser les clauses sociales. Objectif : permettre l’embauche d’habitants des quartiers lors des chantiers de proximité et faire de l’investissement public un moteur social.
Synergies et partenariats comme boussole
Les priorités sont clairement affichées : développer les synergies et renforcer les partenariats entre le monde de l’entreprise et le monde agricole. Une vision transversale, loin des silos, pour répondre à un défi collectif.
Une grande réunion devra être organisée dans les six mois suivant l’élection. Objectif : échanger, confronter les visions et tracer ensemble des perspectives d’avenir. À Perpignan, l’emploi n’attend plus. Il exige des décisions rapides et des alliances solides.
Ce que nous avons retenu de l’intervention de conclusion d’Annabelle Brunet candidate au élections municipales à Perpignan sous la liste « Plus fort pour Perpignan » :
Entreprises locales : le kilomètre zéro au cœur du projet perpignanais
À Perpignan, la question du soutien aux entreprises revient au centre du débat. Et avec elle, un principe simple mais encore trop peu appliqué : le kilomètre zéro dans les marchés publics. Un levier puissant, à condition d’en faire un réflexe et non une exception.
Marchés publics : le potentiel du local encore sous-exploité
L’intervenant insiste : le critère kilomètre zéro doit être utilisé au maximum lors de chaque appel d’offres. Aujourd’hui, dans les marchés publics de la Ville de Perpignan, cette clause n’est pas exploitée dans toute sa portée. Résultat : de nombreuses entreprises locales passent à côté de marchés qu’elles pourraient pourtant décrocher.
Le kilomètre zéro n’est pas qu’un outil juridique ou technique. Il est défini comme un état d’esprit, celui qui privilégie ce qui est à côté de chez nous, qui valorise le savoir-faire local et qui reconnaît la force des entreprises du territoire.
Une vision assumée pour Perpignan
L’engagement est aussi personnel. L’intervenant explique son choix de s’installer à Perpignan, une ville qui lui a beaucoup donné. Aujourd’hui, l’objectif est clair : rendre à Perpignan ce qu’elle a apporté. Un engagement politique fondé sur une conviction forte : la capacité de la ville à redevenir attractive.
Parmi les projets structurants évoqués, l’installation de l’université en ville apparaît comme l’un des chantiers les plus forts. Un symbole de renouveau, d’ouverture et d’ancrage dans l’avenir.
Les entreprises, ambassadrices du territoire
Les entreprises sont désignées comme les premiers ambassadeurs de Perpignan. Par leur réussite, leur dynamisme et leur ancrage local, elles portent l’image du territoire et nourrissent la fierté d’appartenir à la ville.
Changer de regard sur Perpignan
Plusieurs objectifs stratégiques sont clairement affichés : sortir de la spirale du Perpignan bashing, rompre avec l’isolement dans lequel la ville s’est installée et faire entrer Perpignan de plain-pied dans le XXIe siècle. Un changement d’image qui passe par des actes concrets et une vision collective.
Travailler ensemble, sans posture
La méthode revendiquée repose sur le travail en commun. Collectivités locales, syndicats et chambres consulaires doivent avancer ensemble. Les valeurs mises en avant sont claires : humilité pour écouter, force pour décider, volonté pour durer et travail pour transformer les intentions en résultats.
À Perpignan, le message est posé : soutenir les entreprises locales n’est pas une option, c’est une stratégie.
Ce que nous avons retenu de l’intervention de conclusion de Michaël Idrac candidat au élections municipales à Perpignan sous la liste « Perpignan, changée d’air » :
Transition écologique : Perpignan mise sur un campus municipal des métiers
À Perpignan, la transition écologique ne se limite pas aux discours. Elle se pense comme un levier de développement, d’emploi et de formation pour les jeunes. Une vision concrète, ancrée dans le réel, avec une proposition phare : la création d’un campus municipal des métiers de la transition.
Former pour transformer
L’objectif affiché est ambitieux : former 1 000 personnes sur la durée d’un mandat. Le public visé est clairement identifié, avec 50 à 60 % de jeunes décrocheurs de moins de 30 ans. L’enjeu est double : répondre aux besoins des filières de la transition écologique et offrir une seconde chance à une jeunesse souvent laissée sur le bord du chemin.
Les formations proposées seraient des formations qualifiantes courtes, d’une durée de 3 à 12 mois, directement connectées aux besoins du terrain. Les domaines ciblés couvrent les métiers qui recrutent et qui façonnent la ville de demain : isolation, solaire, plomberie thermique et recyclerie.
Un guichet municipal pour simplifier et sécuriser
Autre pilier du projet : la création d’un guichet municipal unique pour la rénovation et l’énergie. L’objectif est clair : sécuriser les commandes, simplifier les démarches pour les habitants et les professionnels, et garantir qu’une part majoritaire des marchés bénéficie aux entreprises locales, notamment les TPE et PME.
Une manière de fluidifier les projets, de rassurer les usagers et de soutenir l’économie de proximité.
Un programme centré sur la vie quotidienne
Cette proposition s’inscrit dans un programme plus large, intitulé « 50 mesures pour changer la vie des gens ». Un socle politique assumé, axé sur le retour de la dignité dans une ville apaisée, la valorisation de la culture mémorielle et de la culture, ainsi que sur l’augmentation du pouvoir d’achat.
L’objectif final est clair : aider chacun à accéder à des salaires dignes et faire de la transition écologique un moteur social, et non une contrainte supplémentaire.
À Perpignan, la transition se veut locale, inclusive et utile. Une écologie qui forme, qui emploie et qui redonne des perspectives.
Ce que nous avons retenu de l’intervention de conclusion de Bruno Nougayrède, candidat aux élections municipales à Perpignan sous la liste » Soyons fiers de Perpignan » :
À Perpignan, la politique comme un service rendu au territoire
Dès les premières prises de parole, le ton est donné. Nouvellement embauché dans une fonction politique, l’intervenant défend une vision claire de l’engagement politique : un service rendu au territoire, bien loin d’un simple poste ou d’une carrière. Ancien chef d’entreprise, il se souvient avoir assisté à une réunion similaire il y a six ans. Aujourd’hui, il est de l’autre côté de la table, avec la même exigence de résultats.
Un mantra pour le prochain mandat
La question posée est simple, presque brutale par sa sincérité : « Comment faire pour qu’à la fin du prochain mandat, tout le monde se dise qu’on a de la chance d’habiter à Perpignan, d’investir à Perpignan, d’être agriculteur à Perpignan ? »
Cette interrogation devient le mantra du projet politique. Un fil conducteur qui oblige à penser chaque décision à l’aune de son impact réel sur la vie quotidienne et l’attractivité du territoire.
L’argent public, un sujet fondateur
Pour l’intervenant, la gestion de l’argent public est un sujet crucial et fondateur. Il remet en cause les discours classiques qui justifient l’augmentation des impôts par l’impossibilité de faire des économies. Selon lui, la rigueur n’est pas une option, mais une responsabilité.
Une anecdote qui en dit long
Pour illustrer son propos, il livre une anecdote personnelle. À l’époque, il rachète une entreprise à la barre d’un tribunal. Chiffre d’affaires : 6 millions d’euros. Pertes annuelles : 2 millions d’euros. La première année ne montre aucune amélioration.
La réponse est radicale : une réduction des frais généraux de 1,5 million d’euros. Pour y parvenir, il va jusqu’à acheter un matelas pneumatique et dormir dans son bureau. Une image forte, assumée, pour défendre une idée simple : on ne redresse pas une structure sans exemplarité ni sacrifices.
Humilité et exemplarité comme boussole
Deux principes guident cette conception de la gouvernance. D’abord, l’humilité : accepter que tout ne fonctionne pas toujours et savoir changer de méthode. Ensuite, l’exemplarité : montrer l’exemple par ses actes, avant de l’exiger des autres.
Un regard critique sur le territoire
Le constat sur Perpignan est sans détour. « Presque autant d’incubateurs que d’entreprises à incuber », « presque autant de clubs à faire que d’affaires à réaliser ». Des formules tranchantes pour pointer un décalage entre les outils existants et la réalité économique.
L’appel est clair : engager une réflexion collective pour transformer le territoire, sortir des postures et permettre à chacun d’être, tout simplement, content d’être à Perpignan.










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