C’est le coup de semonce de la rentrée : en 2025, 74 % des Français estiment toujours difficile de se faire soigner près de chez eux. Ce chiffre, glaçant, est issu d’une enquête citoyenne massive menée par la plateforme indépendante Mon Avis Citoyen. Un constat amer qui révèle que, malgré les efforts affichés, la fracture sanitaire ne se résorbe pas. Bien au contraire, elle se déplace et se creuse, notamment en Ruralité et chez les Seniors.
L’égalité devant la Santé, une promesse en péril
Avec près de 18 650 participants interrogés en deux vagues (2022 et 2025), cette étude dresse une photographie saisissante : si un léger mieux est observé depuis trois ans (26 % de satisfaits contre 20 % en 2022), les difficultés restent la norme pour les trois quarts du pays. Il faut se rendre à l’évidence : la crise des soins de proximité est une réalité qui touche à la cohésion sociale.
« Quand un médecin ou une infirmière part sans remplacement dans une petite commune, ce sont des milliers d’habitants qui se sentent abandonnés », alerte Yves Kergall, président de Mon Avis Citoyen. Un sentiment d’abandon qui résonne particulièrement dans nos territoires comme les Pyrénées-Orientales, où la densité médicale est un enjeu majeur.
La double peine : Territoriale et Générationnelle
La carte de France de la santé est celle d’un pays à deux vitesses. Les villes moyennes (10 000 à 100 000 habitants) respirent, parvenant à attirer de nouveaux praticiens. À l’inverse, les petites communes décrochent lourdement. Chaque départ est ressenti comme une perte irréversible, accentuant les déserts médicaux.
Une autre fracture, spectaculaire, se confirme : celle de l’âge. Les 18-29 ans s’en sortent mieux, leur satisfaction bondissant à 39 % grâce, notamment, aux outils numériques (téléconsultations, prise de rendez-vous en ligne). Mais cette embellie masque une exclusion grandissante : seuls 20 % des 60-69 ans déclarent un accès « facile ». Pour nos aînés, la fracture numérique vient cruellement accentuer la fracture sanitaire.
Les Citoyens réclament une action concrète
Au-delà des chiffres, les témoignages sont éloquents. Les Français pointent du doigt :
- Le manque criant de médecins (dénoncé par 65 %).
- La difficulté d’accéder aux spécialistes (40 %), notamment dermatologues et dentistes.
- Les attentes insoutenables pour un simple généraliste (37 %).
Face à cette exaspération, les attentes sont massives et précises : les habitants réclament davantage d’hôpitaux (49 %), de maisons de santé (38 %), mais aussi plus de kinésithérapeutes, de dentistes et d’ophtalmologues. Il ne s’agit plus seulement de soins, mais d’une question d’égalité des droits et de préservation de l’autonomie.
L’urgence est là. Il est temps que cette enquête citoyenne éclaire enfin le débat public et force les politiques à combler ces inégalités inacceptables, ici comme ailleurs.









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