Une carte jaunit par le temps, un projet oublié, et soudain une question qui claque comme un coup de tonnerre : et si Donald Trump s’inspirait d’un vieux rêve technocratique né dans les années 1930 ? L’image refait surface, cocasse en apparence, glaçante dans le fond. On y voit un « Technate », un super-État nord-américain, pensé non par des politiques, mais par des ingénieurs.

Retour en arrière. En pleine Grande Dépression, alors que le capitalisme vacille, un homme prend la parole : Howard Scott. Ingénieur de formation, il fonde en 1933 Technocracy Incorporated. Son idée est radicale : balayer l’argent, enterrer le « système des prix » et remplacer la valeur marchande par une « théorie énergétique de la valeur ». En clair ? Tout mesurer en énergie, pas en dollars.

Pour Scott, la démocratie devient un obstacle. Il rêve d’un pouvoir exercé par une élite non élue, « compétente », guidée par la science et l’expertise. Une gouvernance froide, rationnelle, mathématique. Le peuple ? Spectateur. Les ingénieurs ? Aux commandes.

Le décor est posé. Et il a un parfum inquiétant. Les membres de Technocracy Inc. portent l’uniforme : costume croisé, chemise grise, cravate bleue, logo rouge au revers. Ils roulent en voitures grises, se saluent en public. La mise en scène est martiale, presque fascisante. L’esthétique compte autant que l’idéologie.

Mais le projet va plus loin. Bien plus loin. Scott imagine un empire continental : un « Technate » réunissant l’Amérique du Nord, l’Amérique centrale, les Caraïbes et une partie de l’Amérique du Sud. Une forteresse autosuffisante, coupée du reste du monde, protégée par une chaîne de bases de défense aux frontières. Le mot d’ordre : autonomie totale.

La stratégie est claire : rester hors des conflits mondiaux. Pas par pacifisme, mais par calcul. « L’Amérique mérite qu’on se batte pour elle », écrivent-ils. Mais uniquement depuis ses propres frontières. La guerre, oui, mais à domicile. Une vision isolationniste assumée, musclée, presque brutale.

Tout s’effondre avec Pearl Harbor. Les États-Unis entrent en guerre. Le pays se mobilise. La démocratie l’emporte sur les rêves autoritaires. Technocracy Inc. disparaît des radars… ou presque.

Car l’organisation existe toujours. Site web, membres, réunions en ligne. Le fantôme n’a jamais vraiment quitté la scène. Et aujourd’hui, cette vieille carte de 1940 ressurgit. Sur les réseaux, certains y voient un écho troublant aux discours nationalistes, protectionnistes et isolationnistes de Donald Trump.

Simple coïncidence historique ? Ou recyclage idéologique ? La question dérange. Une chose est sûre : l’Histoire adore se répéter. Parfois en costume-cravate. Parfois en slogan électoral.

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