Installé au sommet du Pic du Midi de Bigorre, le spectropolarimètre infrarouge pyrénéen (SPIP) propulse l’astronomie française au cœur de la recherche mondiale sur les exoplanètes.
À 2 877 mètres d’altitude, dans la pureté du ciel pyrénéen, un nouvel outil d’observation vient d’être installé au télescope Bernard Lyot : SPIP, pour Spectropolarimètre Infrarouge Pyrénéen. Jumeau du célèbre instrument SPIRou, déjà en activité à Hawai’i, ce bijou de technologie fait du Pic du Midi de Bigorre une plateforme incontournable dans la quête des exoplanètes habitables et la compréhension de la formation des mondes.
Conçu par les ingénieurs et chercheurs de l’Observatoire Midi-Pyrénées (IRAP, ATLAS), avec le soutien du CNRS, de l’Université de Toulouse et de la Région Occitanie, SPIP répond à l’un des grands défis scientifiques du XXIᵉ siècle : détecter et caractériser des planètes rocheuses proches du Soleil.
« Grâce à sa stabilité thermique extrême, SPIP pourra repérer les infimes variations de lumière infrarouge des étoiles et révéler la présence de planètes potentiellement habitables », explique Jean-François Donati, directeur de recherches au CNRS et responsable scientifique du projet.

Mais la mission de SPIP ne s’arrête pas à la chasse aux mondes lointains. L’instrument permettra aussi de scruter la naissance des étoiles et d’analyser le rôle des champs magnétiques dans la genèse des systèmes planétaires. Il offrira une fenêtre inédite sur la formation des planètes géantes gazeuses et sur l’évolution des atmosphères stellaires, des données clés pour comprendre notre propre système solaire.
Il aura fallu plus de sept années de travail et une logistique d’altitude hors norme pour acheminer et assembler les 10 000 pièces de cet instrument cryogénique de 4 tonnes, fonctionnant à –200 °C et stabilisé au millième de degré. « Transporter un équipement de cette précision dans un environnement aussi exigeant a demandé une organisation millimétrée », souligne Marielle Lacombe, ingénieure de recherches au CNRS et cheffe du projet SPIP.
D’ici 2026, SPIP entrera en phase d’observation et fonctionnera en synergie avec SPIRou, son équivalent installé à Hawai’i. Cette coopération, rendue possible par leur position sur des hémisphères opposés, permettra d’observer les mêmes cibles sans interruption, un atout crucial pour détecter les minuscules variations lumineuses qui trahissent la présence d’exoplanètes.
À terme, SPIP s’associera aux grands télescopes spatiaux comme JWST, PLATO ou ARIEL pour pousser plus loin encore la recherche de planètes semblables à la Terre et l’analyse de leurs atmosphères.
Soutenu à hauteur de 7,2 millions d’euros, dont 3,6 M€ par la Région Occitanie, 470 000 € par l’Université de Toulouse et 270 000 € par l’IRAP et ses partenaires internationaux, le projet illustre la volonté régionale de renforcer la recherche scientifique et technologique tout en soutenant les enjeux environnementaux et climatiques portés par le Pic du Midi.












Laisser un commentaire